Loin de moi l'idée de m'opposer à des révoltes de populations en mal de tout, en manque de tout, en désirs d'un mieux pour les générations présentes comme celles du futur, et s'il faut bien nous avouer que des démocraties naissantes en place d'absolutisme ne pourraient que nous réjouir, les développements internationaux ne semblent laisser guère d'ouverture réelle quant à ces lendemains de mieux-être, de liberté, d'air respiré à plein poumons...

Prenons l'exemple de l'Egypte où la situation du jour se veut à nouveau des plus chaotiques entre partisans du "dehors Moubarak" et ceux qui désireraient le voir rester au pouvoir, quelle solution approuvée par l'Occident semblerait malgré tout se mettre en place ?

Quoique l'éventualité d'un régime militaire ne soit pas à exclure totalement, l'interlocuteur par excellence de l'Occident serait donc Mohamed El Baradei qui a d'ailleurs reçu la bénédiction de l'opposition égyptienne (dont les Frères Musulmans) afin de négocier avec le régime de Moubarak. Ce même Baradei prix Nobel de la Paix (en 2005)...comme d'ailleurs un certain Yasser Arafat...Ce même Baradei qui promet d'ailleurs aux manifestants "une ère nouvelle"...

N'est-ce pas ce même Baradei alors directeur de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique qui avait proposé aux U.S.A d'accorder des garanties régionales de sécurité à l'Iran ainsi que le droit à l'enrichissement de l'uranium ? (2005). N'est-ce pas lui qui soutenait en 2007 qu'il n'y avait aucune preuve sur l'existence d'un programme nucléaire militaire iranien pour parler cette même année 2007 de l'installation d'un grand nombre de centrifugeuses à Natanz..? Doit-on ici de-même dévoiler qu'en août 2009 celui-ci avait publié un rapport confidentiel accablant pour l'Iran pour en publier un autre le lendemain totalement opposé et évoquant un ralentissement délibéré des activités nucléaires...?

Est-il logique de rappeler ici les informations faisant le lien entre Téhéran et les ambitions politiques d'El Baradei qui sont parvenues en septembre 2010, via un rival politique Abdel Mabboud, dans le journal égyptien "Al Yom al  Sabeh'": "Dans un communiqué adressé au procureur Général, Dr Yasser Najib abdel Mabboud a accusé Dr Mohamed el Baradei… de recevoir des fonds dépassant 7 millions $ venant des dirigeants Iraniens, comme soutien de la réforme en Egypte". L'histoire dit que ce chèque de 7 millions $ avait pour but de couvrir les dépenses de la campagne électorale du "Front pour le Changement" et de ses activités..?

Il serait peut-être intéressant de rappeler ici que le gouvernement iranien c'est : le Hezbollah, c'est le Hamas, ce sont les Frères Musulmans, c'est le Djihad islamique...

De plus El Baradei n'a-t-il pas dit au journaliste Fareed Zakaria de CNN, dimanche dernier, que "Les Frères Musulmans n'ont rien à voir avec l'extrémisme… ils sont très crédibles… Et je vais m'entendre avec eux…" ?

El Baradei un bon choix vers la démocratisation de l'Egypte ??

La chose serait-elle plus claire concernant Rached Ghannouchi cet opposant islamiste tunisien revenu en héros après plus de vingt années d'exil à Londres et qui n'hésite pas à déclarer représenter un islamisme modéré avec "la charia qui n'a pas sa place en Tunisie" alors que suite aux attentats du 11 septembre celui-ci accusait les Etats Unis d'exploiter les attaques afin de renforcer les forces anti-musulmanes en Inde, en Russie, en Chine et en Israël ? Alors qu'il accusait l'Occident "d'avoir détruit le Califat Islamique, colonisant nos pays..", qu'il déclarait que l'Occident avait implanté au coeur de la nation musulmane une entité hostile et alienne, Israël..?

Serait-il la solution du peuple tunisien vers un état de libertés, d'ouvertures ?

Pour ce qui est de l'adhésion occidentale vers telle ou telle personne ou courant afin de prendre les choses en main pour résorber et résoudre les climats divers de révoltes, il serait intéressant de se souvenir de l'époque de Khomeiny alors exilé en France avec tous les honneurs à Nauphle-le Château et qui eu droit à un retour triomphal à Téhéran en février 1979. Le 4 novembre suivant son retour eu lieu une prise d'otages (60 personnes) à l'ambassade des U.S.A de Téhéran, et le député-maire Nicolas About qui avait rendu visite à Khomeiny alors que celui-ci se trouvait dans sa circonscription décida (avec 2 autres maires) d'aller plaider la cause des otages auprès de celui-ci et...voilà ses propres paroles:

"Nous avons été reçus pendant quarante cinq minutes avec la seule présence d'un interprète. Nous avons débattu, rappelé que la France l'avait accueilli et qu'un geste de Téhéran serait le bienvenu. On nous a promis que ce serait fait et nous sommes retournés plein d'espoir attendre à notre hôtel. La veille de Noël, nous sommes repartis mais il n'y avait pas un seul otage à l'aéroport ni dans l'avion avec nous"...La prise d'otages de l'ambassade ne prendra fin que plusieurs mois plus tard, le 20 janvier 1981...

Alors que les états en plein chaos ou en crainte de soulèvements font le forcing tel le Liban, tel l'A.P, remanient les gouvernements tel la Jordanie, se préparent aux manifestations du vendredi 5 février tel la Syrie, le Yémen, quel avenir pour les populations ? La "belle démocratie" serait-elle de facto en marche ou une simple illusion de celle-ci ?

Quoiqu'il en soit l'Occident ne devrait-il pas se servir des erreurs passées afin de ne pas retomber dans ces pièges qui, au final, se referment en premier lieu vers les populations en mal d'autre chose...?

Marc Lev (auteur de "Après-demain?" Edilivre - ce roman d'actualité...)

Sources: mediarabe.info, leparisien.fr, philosemitismblog.blogspot, iran-resist.org