Imaginons que si en ce 29 novembre 1947 qui a vu alors l'adoption par l'ONU du partage de la Palestine en 2 états indépendants, un juif et un arabe, la chose aurait été à l'époque tout bonnement acceptée par toutes les parties...

Imaginons de-même qu'en date du 14 mai 1948 aucune guerre n'aurait été déclarée par les arabes refusant catégoriquement le partage...

Imaginons qu'après la guerre des "Six jours" en juin 1967, le gouvernement israélien de l'époque ait refusé contre vents et marées de se retirer des territoires conquis durant cette guerre : le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, Jérusalem-Est, le plateau du Golan...

Imaginons qu'en avril 1982 l'état d'Israël se serait opposé de-même à rendre tout le Sinaï à l'Egypte, qu'en mars 1989 le même refus se serait produit envers l'enclave de Taba...

Imaginons que suite à l'opération "Paix en Galilée" par laquelle l'armée israélienne pénétra sur le territoire libanais afin d'en chasser les factions terroristes de l'époque, jamais il n'y aurait eu de retrait israélien de cet état voisin...

Imaginons qu'en décembre 1988 (il y a vingt deux années de cela...) Yasser Arafat alors chef de l'OLP n'aurait pas uniquement annoncé devant les instances onusiennes "le droit d'Israël à vivre en paix et son renoncement total au terrorisme", mais aurait fait suivre ses paroles d'actes concrets...

Imaginons qu'en mai 1994 jamais aucun accord du Caire n'aurait été signé avec l'Autorité Palestinienne quant à l'autonomie de la bande de Gaza et la ville de Jéricho...

Imaginons de-même que le 30 novembre 1997 le gouvernement israélien n'aurait pas accepté un premier retrait (certes limité) de Cisjordanie, que le 23 octobre 1998 aucun retrait supplémentaire de 13% de la Cisjordanie n'aurait été accordé par Israël aux palestiniens...

Imaginons que ce 4 septembre 1999 non seulement il y aurait eu une relance du traité de paix (accords de Charm el Cheikh), mais la chose se serait poursuivie par des actes palpables...

Imaginons qu'en mars 2000, un nouveau retrait israélien de Cisjordanie ne se serait pas concrétisé...

Imaginons qu'en date du 2 février 2004, le chef de la diplomatie israélienne d'alors, Ariel Sharon, n'aurait jamais annoncé son intention de démanteler les implantations juives de la bande de Gaza, ne déracinant pas ainsi "quelques" 7500 âmes de leurs habitats...

Imaginons que le Hamas n'aurait en aucune façon été élu aux élections législatives palestiniennes ce 25 janvier 2006...

Imaginons qu'en juin 2007 aucune guerre fratricide Hamas-Fatah ne se serait déclarée ne donnant ainsi aucunement le contrôle de la totalité du territoire de Gaza aux mains du Hamas...

Imaginons qu'à la conférence d'Annapolis en novembre 2007, Ehud Olmert et Mahmoud Abbas n'auraient pas uniquement déclaré s'engager à conclure un traité de paix jusqu'à la fin 2008, mais y seraient parvenus...

Imaginons qu'en décembre 2008 il n'y aurait eu aucun tir de mortiers des brigades Ezzedine Al-Qassam vers les territoires israéliens, brisant ainsi une trêve décidée par le dirigeant du Hamas, Khaled Mashaal, en juin 2008...

Imaginons qu'en juin 2010, l'état d'Israël n'aurait annoncé et donc concrétisé aucun assouplissement de l'embargo sur Gaza...

Imaginons que la reprise des pourparlers directs du 2 septembre 2010 et ce, "sans conditions"...chose acceptée par la partie israélienne comme palestinienne...se serait effectivement soldée par un succès pour tous...

Imaginons qu'en 2014 il n'y aurait eu aucune suite d'attaques sans nombre contre des civils israéliens provenant de Gaza et qu'ainsi l'opération " bordure protectrice" n'aurait eu aucune raison de se concrétiser...

Mais l'imaginaire et la réalité empruntent trop souvent dans cette région des directions différentes pour ne pas dire opposées, et qu'y faire si l'état d'Israël fut déjà attaqué alors qu'il commençait tout juste à se créer, comment changer un passé entrecoupé de réunions, de rencontres, de pourparlers, de traités signés, de décisions régionales et internationales...qui jamais n'ont su aboutir à la paix ?

Alors que les derniers pourparlers se devaient d'être "sans conditions préalables", que dire des déclarations de Mahmoud Abbas du 25 septembre 2010 ( qui n'ont guère évoluées depuis..) devant l'assemblée onusienne demandant à Israël de choisir entre la paix et la colonisation, de mettre fin au blocus de la bande de Gaza, de démanteler la barrière de sécurité entourant la Cisjordanie ??

A l'ombre des nouveaux accords actuels entre fatah et hamas quant à Gaza ( et qui bien évidemment tiendront au moins quelques semaines..) peut-on imaginer des lignes concrètes, claires, d'avancées quant à des négociations sérieuses et réelles avec Israel ?.. 

L'état d'Israël a su prouver historiquement parlant son non désir ni intérêt en terme de colonisation ( les exemples cités plus haut le prouvent on ne peut mieux...), mais également son désir de pouvoir vivre dans une région sûre, sans aucune crainte d'attaques terroristes, de roquettes envoyés sur des jardins d'enfants, sur des civils, en un mot : son désir de paix.

Et si les choses s'étaient déroulées différemment...

 

Marc Lev ( auteur de "Et si ? "et "Après-Demain..?" eds Edilivre Paris) où l'on se trouve au coeur des terrorismes politiques...

http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/lev-marc/apres-demain,35198571.aspx

 http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/marc-lev/et-si-occident-la-menace-iranienne,42297469.aspx

 

Sources: lejdd.fr - lexpress.fr