S'il nous fallait une preuve de plus de l'interprétation médiatique totalement opposée de situations similaires dans les faits voilà que celle-ci nous est servie sur un plateau d'argent...

Prenons la situation depuis le 30 mars à la frontière de Gaza;dans les médias européens il est question de "manifestants pacifiques ", de "marcheurs du retour", de pauvres palestiniens ayant tout perdu au jour de la création de l'état d'Israël..Il y est de-même question de bien mettre en avant les victimes de ces manifestations avec 37 palestiniens tués "dont quatre mineurs.." Serait-il question ici de simples randonneurs, de jeunes admirant la nature, de gosses venus là pour jouer au football ?? Ces mêmes articles n'omettent pas pour autant de noter les dizaines de milliers de palestiniens qui participent pour le moins qu'on puisse dire activement ( même si d'autres les considèrent comme de simples pacifistes..) à ces provocations; histoire de bien démontrer l'importance de ce mouvement alors "que leur terre leur a été prise..". 

Les médias francais - européens ne se gènent aucunement afin de rappeler le caractère pacifique de ces manifestations quoique l'on retrouve malgré tout ici et là un rappel de "lancers de pierres, de cocktail molotov, de cerfs volant enflammés" mais bien évidemment sur des milliers il n'y a qu'une petite poignée de manifestants qui agisse ainsi.., et pas de quoi fouetter un chat face aux armes super perfectionnées des soldats israéliens...

Ainsi et pour rappel d'une situation similaire et pourtant différente ( mais pas pour les médias européens..) l'international a pu aisément "se gaver" de photographies et films vidéos ( et pour cause...) montrant des gosses palestiniens du quartier de Silwan (Jérusalem) caillassant des voitures israéliennes traversant ce quartier, permettant de voir "en direct" un de ceux-ci renversé par un véhicule ( blessures sans gravité), et titrant cette situation par ces mots : " Les jeux dangereux des titis palestiniens"   ( le figaro int. du 20 octobre 2010).

Qui n'a jamais utilisé ce terme sympathique de "titi" aux connotations de "mignon, de gavroche, de poulbot..." dans ses discussions ? Doit-on interpréter cette introduction comme une certaine forme d'identification à leurs faits et actes ? L'article qui suit ce titre sera-t-il appréhendé comme des actes illégaux, de voyous, de terreur, dangereux pour eux comme pour les occupants des véhicules ?

L'article en question démontre on ne peut mieux le caractère "jeu" de ces actes,quitte à ce qu'ils se concrétisent au dépend de vies humaines : " les enfants ont pris le relais des pères et grands frères. Sans chefs ni programme politique, l'intifada est pour eux un jeu, plus dangereux que les autres"...

Tout à l'opposé l'on trouvait alors ce titre quant à la situation en France : "Sarkozy met en cause les casseurs et les bloqueurs" (le figaro international du 21 octobre 2010)... Parlait-il de ces mêmes "titis" qui "s'amusaient" à casser par pure envie du jeu ?..

La différence de dialectique est des plus flagrantes si l'on se place dans une optique d'observateur de situations identiques au départ : jets de pierres, désir de "casser l'autre", de lui faire sciemment du mal, mais...

Imaginez un instant des paroles qui auraient pu logiquement être prononcées par Netanyahou suite à cette provocation délibérée à Silwan du style : "j'ai vu les images de Silwan, c'est scandaleux. Ça ne sont pas les casseurs qui auront le dernier mot dans une démocratie". Quelles réactions internationales une telle déclaration aurait-elle enclanché ?.. : "Israël s'en prend aux pauvres titis palestiniens" - "Pas de pitié israélienne contre les gamins de la rue" - "Voilà comment réagit un état soi-disant démocratique et de droit"...

Mais nous citons ici des paroles prononcées par Nicolas Sarkozy et se rattachant à la situation à Lyon, alors que ces mots furent applaudis par le public de Bonneval...

Imaginez une situation par laquelle en France des centaines de jeunes "casseurs" ont été arrêtés, jugés, et certains ont de-même été condamnés à des peines de prison fermes, et ce réactif faisant suite aux déclarations de Sarkozy : " Ce n'est pas acceptable, ils seront arrêtés, retrouvés et punis, à Lyon comme ailleurs, sans aucune faiblesse. Parce que dans notre démocratie, il y a des tas de moyens de s'exprimer, mais la violence la plus lâche, la plus gratuite, ça, ça n'est pas acceptable", et transposez la en Israël...

 Où d'ailleurs, et si vous prenez le jeune Iyad Geiht ( l'acteur principal de la vidéo en question), celui-ci s'est retrouvé avec son père au commissariat de police où une demande de caution a été faite et...comme le père a répondu "qu'il n'avait pas d'argent", la police les a renvoyés chez eux...Pas d'arrestations, pas de peine, même pas d'amende...

Il est vrai que l'on parle ici de ces "titis palestiniens" qui ont bien le droit d'occuper leur temps libre, de caillasser un peu à doite, d'attenter à la vie d'autrui à gauche...et pas de ces sales casseurs aux actes scandaleux...

Apparemment la dialectique journalistique, mais également les interventions étatiques ne déclinent pas d'une manière identique des situations par trop voisines par lesquelles un chat d'ici n'est apparemment pas le même ailleurs...

 

Marc Lev - A propos de la menace iranienne, du terrorisme... auteur de "Et si..?" et "Après-demain ?" (Eds Edilivre - en librairies, librairies en ligne...). Romans ô combien d'actualité !..

 

http://jewpop.blogspot.com/2010/09/lire-dans-le-metro.html

 

http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/lev-marc/apres-demain,35198571.aspx

 

http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/marc-lev/et-si-occident-la-menace-iranienne,42297469.aspx

 

 Sources: Liberation.fr- lefigaro.int -