En préambule de cet article, je reprends ici les conclusions de l’époque de « l’affaire Wikileaks » dans lesquelles on trouvait la description d’un Erdogan considéré dans ces documents comme un « islamiste assoiffé de pouvoir, certes pragmatique mais sans vision »…

Et, partant de-là, il est aisé de se plonger dans l’auto-définition « erdogane » quant à son sentiment d’être le « tribun populaire d’Anatolie », quant à son impression forgée d’avoir été appelé par Dieu afin de diriger la Turquie depuis 2003…

N’oublions pas ici que le terme de « Calife » a pour signification  » le Successeur » (du Prophète), et qu’ainsi les propensions « erdogiennes » quasi directement avouées de maintenir l’unité du monde islamique, d’en assurer l’extension et bien évidemment la défense, de gouverner et administrer cet empire ressuscité n’en paraissent que coulant de source…

Si l’on se rappelle l’idée lancée déjà en 2004, par un proche du gouvernement de Erdogan quant au désir de rajout de la Turquie à la Communauté Européenne (alors que la Turquie avait posé sa candidature déjà en 1987), il nous faut nous en remémorer les termes certes pas officiels et pour cause… : « nous voulons récupérer l’Andalousie et prendre la revanche de la défaite de 1683 devant Vienne »…

Nous sommes ainsi témoins depuis quelques années déjà de ce rapprochement entre le régime turc et celui des ayatollahs iraniens, entre la Turquie d’Erdogan et les milices islamistes, entre un état se voulant moderne tout en supprimant la liberté d’expression ainsi que le journalisme objectif sur son propre sol, tout en étant partenaire de pratiques barbares… Ah ces accords avec Daesh, avec El Qaida, avec les Frères Musulmans !…

Sans omettre bien évidemment les désirs expansionnistes vers les eaux grecques, vers le Haut-Karabakh, l’Arménie, l’Azerbaïdjan… de-même que les menaces anti-européennes concrètes de laisser passer les migrants en nombre vers d’autres pays…

Il est également intéressant de suivre de près la danse « erdogienne » permanente de la Taqya où le « partenaire du jour » à se joindre à l’Europe et à œuvrer dans un consensus de politique globale régionale se transforme le lendemain en un fustigeur des instances européennes, de leurs dirigeants, en un juge condamnant, en un pourfendeur d’une laïcité européenne qu’il rejette totalement…

Et que dire ? Je me souviens d’une autre Turquie : d’un pays qui se voulait ami, d’un Erdogan reçu en voyage officiel en Israël (mai 2005), d’un dirigeant se posant en médiateur possible dans le conflit israélo-palestinien, dans les traités avec la Syrie…

Mais comment ne pas rappeler ce jour et alors que l’extrémisme islamiste n’a cessé de frapper ces dernières années sur les terres européennes… un certain mois de mars 2004 ayant vu l’assassinat du chef spirituel et créateur du Hamas on ne peut plus terroriste : le Cheikh Hassine ; et qui fut commenté ainsi par Erdogan : cette opération est « un acte terroriste »… ? En l’année 2004, alors que cela faisait 7 années que ce même Erdogan avait fait la demande de rejoindre les instances européennes… L’élimination d’un terroriste avéré et connu comme tel serait-elle un acte terroriste.. ?

Comment ne pas écouter à nouveau ses paroles prononcées (suite à l’opération de représailles israélienne « arc-en-ciel » concrétisée entre autre suite à l’attaque et à la mort de 13 soldats israéliens):  » les Israéliens traitent les Palestiniens comme ils ont été traités eux-mêmes, il y a cinquante ans ».. ?

Comment ne pas revoir ces images du Forum économique mondial de Davos (janvier 2009) par lesquelles ce même Erdogan s’adressait à Shimon Peres avec ces paroles : « vous avez la psychologie d’un coupable. Vous savez très bien tuer les gens…« ? Que dire de cet analyste hors pair ? Aurait-il en lui la dialectique d’un futur Calife…

D’ailleurs, pour dresser au mieux ce portrait d’un candidat au Califat rebâti, il me serait de-même impossible de ne pas relever que le 27 mars 2010 Erdogan déclarait : « Considérer Jérusalem comme la capitale indivisible de l’Etat hébreu est une folie. Jérusalem est la prunelle des yeux du monde musulman… » Alors que pour simple rappel, le nom même de Jérusalem n’est pas noté une seule fois dans ce fameux livre sacré du Coran..

Et pour couronner le tout, il me serait difficile de passer sous silence ses paroles retransmises à la télévision turque (juin 2010) : « Je ne considère pas le Hamas comme une organisation terroriste. Ils défendent leur terre« … Qu’en est-il alors quant à ces islamistes qui depuis tuent ici ou ailleurs sur les terres européennes ? Défendraient-ils « leurs terres », peut-être celles qui pour un Erdogan devraient faire partie de son Califat, de ce Califat reconstitué…?

Le temps serait-il arrivé pour Erdogan de remettre sur pied ce Califat ottoman proclamé en 1517 et aboli en 1924? De reconstituer cet empire qui comprenait la presque totalité des états arabes (hormis le Maroc), qui s’étendait de la frontière de l’Autriche au golfe Persique, de la mer Noire aux confins marocains.

Qui englobait l’Anatolie et la Transcaucasie, la Syrie, la Palestine, une partie de l’Iraq, l’Arabie, l’Égypte, la Cyrénaïque et la Tripolitaine, les régions côtières de la Tunisie et de l’Algérie, le nord du Caucase, le Kouban, la Crimée, l’Ukraine méridionale, l’actuelle Roumanie, la plus grande partie de la Hongrie et les territoires de l’ex-Yougoslavie, l’Albanie, la Grèce et la Bulgarie ?

Alors oui, nous avons tous connu une autre Turquie ! Celle où les casinos avaient pignon sur rue, celle où la liberté d’expression, l’égalité, la laïcité régnait, celle où des basiliques chrétiennes ne se retrouvaient pas transformés en mosquées (sans réelles réactions internationales…)

La Turquie de Erdogan me semble encore avoir de beaux jours devant elle alors que les langues utilisées dans les états européens où le « politiquement correct » est de rigueur n’ont aucune racine commune avec les langages de la Taqya usités communément et presque journellement à Istanbul…

Tentons de rester malgré tout suffisamment optimistes devant les rêves qui paraissent plus qu’utopiques de Erdogan quant au Califat Ottoman reconstitué; quoi qu’avec ce dont nous sommes témoins de par l’International, face aux diverses instances européennes, ne nous est-il pas permis de douter des lendemains.. ?

Je vous invite donc à suivre mon conseil du jour : commençons à tous travailler nos bases de Taqya; des fois que…

Sources: nuitdorient.com – Media Groupe de Travail sur la Syrie – mako.co.il