Dis papa, c'est quoi une université ? C'est un lieu où l'on étudie l'intolérance ??
Voilà peut-être le style de question que pourrait poser un enfant d'une dizaine d'années qui tomberait sur le titre de l'annulation du colloque " Ecrire aujourd'hui en Méditerrannée: échanges et tensions" prévu originellement en mars 2011.
S'il est une institution où la logique voulait que la liberté d'expression ne se posa nullement en termes d'interdits, où les débats divers pro ou anti, où les divisions de pensées faisaient partie du quotidien des étudiants s'habituant ainsi à présenter leur propres cheminements d'idées, c'était bien à mes yeux la sacro-sainte Université.
Quelque colloque qu'il soit amènera toujours ses détracteurs, ses amateurs ou plus professionnels qui n'auront de cesse de prouver le bienfait et la justesse de leur manière de voir, et ??
Les universités telles que celle de Provence doivent-elles "éviter tous débordements", "empêcher les voix ne se ralliant pas à l'idée générale présentée de s'exprimer", " tout bonnement, annuler ces débats prévus pour cause de censure annoncée par certains participants" ??
L'image communément acceptée de l'université a tout du pluralisme, de l'internationalisation, de l'ouverture universelle, des échanges ouverts d'idées et, tout au moins le croyais-je, se devait de rejeter toute intolérance, tout rejet de l'autre, toute différence éthique, religieuse ou autre.
Quel message que celui véhiculé vers ces jeunes étudiants apprenant que le colloque en question est annulé pour raison de: boycotte de certains auteurs arabes, égyptiens et palestiniens pour cause de participation d'une auteure israélienne ? Ouverture d'esprit, besoin de partage des idées, preuve que la littérature n'a pas de frontière humaine..?
Certes l'Université de Provence a fait savoir qu'elle organiserait un autre évènement en 2013 où divers auteurs israéliens seraient invités, et ??
Si je comprend aisément la fureur de Esther Orner ( l'auteure israélienne en question), je ne peux que me poser la question quant à la légitimité du message universitaire lancé ici aux étudiants : "surtout n'accepter pas la différence, d'autres points de vues que les vôtres, peut-être même des idées diamétralement opposées...Dans un tel cas de figure le mieux serait de fuir, d'annuler, de ne pas se confronter"...
Alors, il semblerait que si vous désirez répondre à votre enfant de dix années quant à la tolérance au sein de certaines universités il vous faudra repousser votre réponse à plus tard en espérant que celle-ci sera effectivement claire, nette et évidente...
Mais laquelle sera-t-elle ??