"Elle réapparut dans son long linceul noir: à nouveau femme inconnue, femme cachée dans son tchador    « Cage-Cache »" ("Demain ?" Marc Lev. eds P. Ramand)...

Avec l'annulation dernière d'un P.V pour conduite automobile en niqab la problématique de cet accoutrement revient à la Une de l'actualité; mais y a-t-il réellement sujet à polémiques, serait-il l'interprétation physique d'une croyance, de préceptes ou une extrapolation de ceux-ci, une forme d'extrémisme volontaire anti-occidental ? Y a-t-il obligation d'avoir une approche, une compréhension différentes lorsqu'il s'agit de la burqa, du niqab, du hijab, du liyhâm ou du tchador ?

Le climat musulman en France ne serait-il pas celui d'un manque d'unité entre les responsables religieux musulmans, d'un manque de priorités, de non-considération du contexte national, d'ignorance des principes de l'islam...des fissures qui mèneraient à une influence croissante du wahhabisme et de courants extrémistes ?

Le port du voile ferait une unanimité religieuse ( des quatre écoles sunnites connues) et serait défini ainsi : "l'intimité de la femme pubère à l'égard d'un étranger est tout son corps sauf les mains et le visage"...

Des commentateurs du Coran dont Ibn 'Abbâs ( l'interprète du Coran) s'accordent pour cette compréhension des écrits quant au visage et aux mains qui peuvent être montrés...Un Hadîth (recueil qui comprend l'ensemble des traditions relatives aux actes et aux paroles de Mahomet et de ses compagnons) raconte ainsi : "Aïcha a raconté que sa soeur aînée, Asma, était entré chez le Prophète portant des vêtements fins. Alors, le Prophète détourna la tête et dit :"Asma, à partir du moment où elle est pubère, il ne convient plus que l'on voit de la femme autre chose que ceci, en montrant son visage et ses mains"...

Par contre la burqa ou le niqab n'ont aucune obligation religieuse au sein des écoles sunnites et aucun verset du Coran ni texte de la sunna (la tradition) n'existe obligeant le port de ces vêtements à la femme musulmane si ce n'est : "lorsque celle-ci serait très belle et se trouverait dans un environnement malsain par lequel elle craindrait pour sa personne", dans un tel cas le niqab ou la burqa peuvent être nécessaires afin d'éliminer le risque extérieur...

Qu'en est-il de la situation actuelle en France ? Y a-t-il péril en la demeure musulmane ? Le port de ces ajouts n'aurait-il pas au contraire tout d'une gêne vers un appel au rapprochement religieux des musulmans ? Quelle vision ces femmes "cage-cache" donnent-elles d'elles-mêmes, de leur religion face au laïcisme ambiant ?

Des docteurs et savants musulmans actuels déconseillent le niqab ou la burqa qui, au final, se définiraient comme des outils de désocialisation et de non intégration dans la société occidentale... Certains même considèrent le niqab comme "anti-islamique et une coutume satanique d'origine hindoue"...

Le voile intégral sous sa forme niqab ou burqa n'a donc rien d'une obligation religieuse; mais serait-il l'expression d'une soumission à une autorité masculine, se déclinerait-il comme une humiliation et atteinte aux libertés de la femme ou tout à l'opposé: une forme voulue et librement décidée d'un genre d'émancipation religieuse des femmes musulmanes : c'est ma conviction en tant que femme et je suis libre de la choisir..?

Les lois et autres décisions quant au port du voile, du niqab , de la burqa...n'auraient-elles pas au final l'effet inverse: entrainant justement de plus en plus de populations jeunes vers une impression d'humiliation, d'empêchement de tourner en rond et les poussant ainsi vers un investissement de plus en plus massif vers le radicalisme religieux ?

Certes et pour conclure, nous aurions apparemment raison de ne voir dans ces ajouts vestimentaires qu'une "cage-cache" mais avons-nous réellement les moyens de nous y opposer ?

Marc Lev (auteur de "Demain ?" et du récent "Après-demain ?" Edilivre)

Sources: :doctrine-malakite.fr - L'Express.fr