Il y a de cela 42 années que le président égyptien Anouar el Sadat arrivait à Jérusalem afin d'y concrétiser un accord de paix, et si plus d'un ( moi compris) espérions alors voir se développer des relations de paix axées sur des développements bi-latéraux non seulement du plus grand état arabe de la région mais des autres qui suivraient cette opportunité pour tous, que dire de ces années passées ?..  

Il n'y aurait aucun sens actuellement de revenir ici sur les nombreuses analyses quant aux discours onusiens de Abbas, de Netanayahou, de Hassan Rohani...

Je ne reprendrais pas ici les réflexions quant à un cheminement de relations publiques onusiennes comme internationales Abbasien des plus réussies, quant à des tentatives nombreuses de Netanyahou de démontrer le pourquoi et le comment de la position israélienne actuelle quant à un état palestinien.

Je ne signalerais pas non plus ici les divergences de points de vues années après années qui n'ont fait somme toute qu'être publiquement annoncés alors que nous connaissions déjà tous leur teneur.

Ce qui m'a interpellé une fois de plus c'est cette impression de déjà-vu, de déjà vécu, de feedback d'un mauvais navet visionné et applaudi par les Nations Unies comme d'un super chef d'oeuvre...

En effet souvenez-vous: en date du 13 novembre 1974 et en place de Mahmoud Abbas c'était Yasser Arafat qui discourait devant l'assemblée générale de l'ONU. Souvenez-vous que je parle ici de ce même Yasser Arafat, pistolet au côté, qui recevait le Prix Nobel de la Paix..? le 14 novembre 1994...

En 1974 la session était dirigée par Abdelaziz Bouteflika (Maroc) et celle de ce 23 septembre l'était pas Nassir Abdulaziz Al-Nasser (Qatar). En 1974 Yasser Arafat demandait à l'ONU de revenir sur la décision de 1947 du partage de la Palestine qui a contribué alors à la naissance d'Israël...

En cette même année 1974 Yasser Arafat s'exprimait à l'ONU par ces mots : "le sionisme est une idéologie impérialiste, colonialiste, raciste..." alors que Mahmoud Abbas se positionne exactement dans une lignée directe de ces paroles considèrant qu'il y a obligation de reconnaître un état palestinien qui comprendrait la Bande de Gaza, la Judée-Samarie, Jérusalem Est, le Golan...

En 1974 Yasser Arafat exprimait ces mots devant l'ONU : " je vous exhorte, en outre, d'aider au retour de notre peuple vers sa patrie d'un exil involontaire qui lui est imposé par la force des armes, par la tyrannie, par l'oppression, afin que nous puissions regagner nos biens, nos terres..." Le discours aurait-il changé dans la bouche d'un Mahmoud Abbas, devant une même assemblée, simplement quelques années plus tard..?

Je n'ai certes pas entendu de discours de paix, de volonté Abassienne d'avancer vers un avenir commun, de paroles telles celles prononcées en novembre 1977 par Anouar El-Sadate devant la Knesset: "toute vie perdue dans la guerre est celle d'un être humain, qu'il soit arabe ou israélien, les enfants qui sont privés des soins de leur père sont les enfants de chacun d'entre nous, en terre arabe ou en Israël, et nous avons un grand devoir de leur donner un présent heureux et un bel avenir..."

Paroles qui avaient tout d'un désir de futur de calme, de paix, quoique avec le temps nous ayons oublié que celui-ci a su également s'exprimer en ces termes quant à Jérusalem: " nous insistons sur un retrait complet de ce territoire arabe, y compris Jérusalem arabe..." 

Lors d'une allocution parmi tant d'autres de Mahmoud Abbas j'ai par trop eu l'impression de retrouver les paroles de Yasser Arafat du mois d'octobre 1988 quant à une "Déclaration d'indépendance palestinienne" qui portait sur: la Palestine telle que définie par la dénomination britannique: à savoir: la totalité d'Israël, de-même que la Cisjordanie et la Bande de Gaza... 

Mahmoud Abbas n'aurait-il jamais évolué dans le sens d'une paix réelle en se plaçant ainsi en droite lignée des Yasser Arafat et autres Sadat qui certes est parvenu à l'époque à signer un traité de paix ( froide...) avec Israël moyennant le retrait total du Sinaï et duquel Menahem Begin disait lors d'une interview avec Freddy Eytan (publiée en novembre 2007): " Mettons les choses au point. Sadat parle soi-disant de paix mais il cache à ses interlocuteurs son véritable but qui est d'ailleurs le but des autres leaders arabes: une paix sans Israël. Nous, par contre, nous désirons une paix véritable entre Israël et les pays arabes....."?

Les choses, la situation, la manière d'aborder la région pour les dirigeants arabes aurait-elle changé, évolué, avancé depuis ce voyage de Sadat à Jérusalem? Matière à réflexions...

Marc Lev (auteur de romans d'actualité moyen-orientale - "Et si..?" et "Après-demain ?" eds Edilivre - à commander en librairies, sur les librairies en ligne, dans le ebook-store...Une critique de "Après-demain ?" sur: http://jewpop.blogspot.com/2010/09/lire-dans-le-metro.html

Sources: jcpa-lecape.org, jssnews.com,afi-ouvaton.org, juif.org.